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La crise du 8e mois PsychologiePleurs quand vous sortez de la pièce, chagrins difficiles à calmer… la crise du 8e mois est une période de fortes angoisses chez le tout petit, mais nécessaire.
Avec Stéphanie Planche-Jaffré, psychologue clinicienne à Lyon.
La crise du 8e mois, aussi appelée les angoisses du 8e mois, est une période du développement de l’enfant pendant laquelle celui-ci se rend compte qu’il est un individu à part entière. Il ne fait plus un avec sa maman. Cette prise de conscience génère chez l’enfant une grande angoisse et un sentiment d’insécurité, dès que les personnes auxquelles il est attaché ne sont pas dans son champ de vision, surtout ses parents. C’est aussi la période où il se reconnaît dans un miroir. La crise des 8 mois peut commencer dès le 6e mois ou plus tard vers le 12e mois. Audrey, maman d’un petit Ethan, 14 mois, explique : « À 8 mois, mon petit bout pleurait beaucoup plus la journée. Dès la tétée du matin, il commençait à pleurer et jusqu’au soir. Avant dès qu’on le couchait lesoir on ne l’entendait plus, et là il faut que j’aille le récupérer 2 à 3 fois (le consoler, le câliner, lui redonner le sein) et ensuite le recoucher avant qu’il s’endorme. Je ne savais pas de quoi ça pouvait venir : faim ? Dents? Caprices? Car il pleurait moins quand il est dans les bras. »
Une grande peine Les manifestations de ces angoisses de séparation peuvent être diverses : l’enfant réclame beaucoup, a besoin d’être collé à ses parents, peut éprouver une grande tristesse, qui peut s’exprimer par de grands pleurs, et se produisent principalementlors de moments de séparation, des moments de transition dans le quotidien, ou encore quand une personne inconnue ou peu connue (grands-parents, cousins, amis, …) est présente… « Tous les signes de ces angoisses sont en lien avec des contacts sociaux ; ces pleurs sont très différents de ceux d’un caprice » précise, Stéphanie Planche-Jaffré, psychologue clinicienne. L’enfant ne pleure pas par intention volontaire, mais témoigne réellement d’une tristesse ».
Rassurer Afin d’atténuer ces angoisses et ces pleurs, le mot d’ordre est de rassurer l’enfant par des paroles. Par exemple, lui dire que vous êtes toujours là, que vous allez revenir, lui parler si vous êtes dans une pièce à côté, … Pour la séparation à la crèche, prendre un peu plus de temps que d’habitude et lui donner un objet transitionnel comme un doudou, dont l’odeur le rassurera … « Il est important de prendre en compte cette phase du développement psychoaffectif de l’enfant et d’être attentif en tant que parent, et surtout de ne pas gronder l’enfant », ajoute Stéphanie Planche-Jaffré. Cette phase est plus ou moins longue selon les enfants, et peut devenir une source de tension et d’épuisement pour les parents, dont la capacité à résister est différente. N’hésitez pas à solliciter votre pédiatre, personnel de PMI ou un psychologue, afin de traverser cette période le plus sereinement possible.
V. L.
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