Couverture de magazine, catalogue de vêtements ou publicité, le mannequinat peut aussi s’adresser aux tout-petits. Décryptage d’un monde qui paraît aussi attrayant que mystérieux.
Beaucoup de questions entourent la notion de mannequinat, notamment en ce qui concerne les enfants : sélection, déroulement des séances, législation, mais aussi intérêt pour l’enfant.
Avant de se lancer dans l’aventure, parents et enfants (dès qu’ils sont en âge de s’exprimer) doivent s’interroger sur leurs motivations : est-ce pour avoir de beaux clichés et des souvenirs ? Est-ce pour la fierté de voir son enfant dans une publicité ? Est-ce pour lui permettre de mettre un peu d’argent de côté ?
Armelle, de l’agence « Les mômes à Lyon », explique : « Avant tout, faire du mannequinat doit être considéré comme une activité occasionnelle, un bonus dans l’emploi du temps de l’enfant, un moment où il pourra s’amuser et prendre du plaisir, en aucun cas une fin en soi. »
On se lance Pour inscrire un enfant dans une agence de mannequins, il faut envoyer trois photos récentes de l’enfant (sur fond uni, visage propre et cheveux coiffés) accompagnées de la date de naissance et des mensurations (taille, pointure, etc.).
L’agence fera alors sa sélection en fonction de la photogénie de l’enfant, puis contactera les parents pour un rendez-vous au cours duquel l’agence pourra juger de l’aisance de l’enfant hors du cadre familial et des motivations des parents. Quelques clichés pourront être effectués aussi lors de ce rendez-vous, si nécessaire, pour compléter ceux envoyés. Une fois l’enfant retenu, il fera partie de la base de données de l’agence, et pourra être contacté pour participer à des castings, que ce soit pour des séances photos ou des tournages vidéo.
« Il est important de dire aux parents que seulement 1 à 2 % des candidatures sont retenues, précise Margaux, de l’agence Hourra de Lyon. C’est pourquoi il est essentiel que les parents ne placent pas d’espoir particulier sur cette activité. » Elle ajoute même : « On considère qu’un enfant qui travaille bien, fait en moyenne deux campagnes par an. Il peut aussi arriver qu’un enfant sélectionné ne travaille jamais. Être retenu par un client est une réelle chance. »
Disponibilité et réactivité
Un critère important à prendre en compte, qui n’est pas des moindres, est la disponibilité des parents. Lorsque l’enfant sera convoqué pour des castings, le parent accompagnateur devra emmener l’enfant sur chaque lieu, qui peut être dans un périmètre de 180 km du domicile de la famille. Il faut savoir que les séances peuvent avoir lieu du lundi au samedi pour les tout-petits, les mercredis, samedis et vacances scolaires pour les plus de 3 ans. Les enfants grandissent vite. Aussi, pour maximiser les chances de leur enfant de travailler, il est important que les parents envoient tous les mois (pour les bébés), et tous les 3 mois (pour les enfants) de nouvelles photos et mensurations. Cela permettra aussi à l’agence d’être plus efficace dans sa sélection.
Le casting
Lorsqu’une agence reçoit une demande d’un client, les critères de sélection de l’enfant sont très précis : âge, taille, look, aptitude, ethnicité… Autant de critères que l’enfant doit avoir. Une fois sur le casting, il sera en concurrence avec d’autres enfants ; sur un plateau, il peut y avoir une dizaine de personnes (coiffeur, maquilleur, photographe, assistant, clients, autres parents…). Tous ces éléments peuvent impressionner un enfant. C’est pourquoi il est très important de ne pas lui faire ressentir de stress. S’il sent une pression, il ne sera pas à l’aise, et pourra rater son casting. Armelle, de l’agence « Les mômes », rappelle qu’« un enfant ne peut pas faire semblant d’être heureux. Et s’il ne veut pas faire une séance, il a bien sûr le droit de dire non ».
À savoir : Pour les séances bébé, ce sont souvent 2 nourrissons qui sont choisis, car un enfant peut tout à fait être malade ou grognon le jour du shooting. Les clients choisissent alors les clichés de l’enfant qui leur convient le mieux. Les 2 enfants recevront un salaire pour la séance, et l’un recevra, en plus, le montant du droit à l’image.
Aujourd’hui, mais demain ?
Les enfants grandissent vite, et parfois peuvent perdre leur charme (quand ils perdent leurs dents, quand ils deviennent adolescents...) ; cela n’implique pas qu’ils ne travailleront plus, mais il est possible qu’une pause se fasse naturellement.
La législation
Le métier du mannequinat, qu’il soit consacré aux enfants ou aux adultes, est encadré par une législation particulière. Les agences doivent posséder une licence d’agence de mannequins délivrée par l’État, et un agrément préfectoral permettant le placement de mineurs de moins de 16 ans. L’inscription dans une agence est gratuite. Lors de son premier contrat, les parents devront faire établir par leur médecin traitant un certificat médical attestant de la bonne santé de l’enfant, obtenir un numéro de sécurité sociale (obligatoire pour la déclaration URSSAF) et signer un mandat civil de représentation. L’agence s’occupera de la rédaction du contrat de travail et de la déclaration à l’URSSAF. Une fois le contrat signé et la séance effectuée, la famille recevra un
bulletin de salaire, dont le montant sera versé à la Caisse des dépôts et consignations, dont il disposera à sa majorité.
À savoir :
- La rémunération de l’enfant est divisée en 2 : une partie est accordée à l’enfant, l’autre à ses parents. Les agences fixent le pourcentage de répartition
entre les 2 parties (entre 10 et 20 % pour le parent et 80-90 % pour l’enfant).
- Selon l’âge de l’enfant, la durée de travail journalière et hebdomadaire est différente et est régie par des articles spécifiques du code du travail.
Enfin, la loi autorise qu’un enfant soit inscrit dans plusieurs agences ; néanmoins, certaines préfèrent travailler en « exclusivité » ; par contre, aucun texte de loi n’oblige les clients à transmettre les clichés des séances aux parents ; certains le font avec plaisir.
Un plaisir avant tout
« Il n’est pas étonnant de voir que les enfants retirent une satisfaction de cette activité : un sentiment de fierté du devoir accompli et une plus grande confiance en eux, ajoute Margaux, de l’agence Hourra. Du moment que le parent ne transpose pas de rêve à travers son enfant et ne lui fait pas subir de pression particulière, le mannequinât sera une expérience positive. »
VL
Syndicat national des agences de mannequins (SYNAM).
www.synam.org
Adresses lyonnaises :
Les mômes
06 04 50 72 71
www.lesmomes.fr
Hourra ! Models
53 av. Foch, Lyon 6e.
04 78 89 01 04.
www.hourra.net
Gladys Fashion
4 av. Verguin, Lyon 6e.
04 78 94 07 80.
www.gladysmodels.com
Enjoy models
4 rue Bossuet, Lyon 6e.
09 75 49 19 60.
www.enjoy-models.net